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Krach financier, crise boursière,
chute des indices : quels que soient les mots utilisés,
beaucoup d'indices portent à croire que nos modes de
fonctionnement économiques sont à un tournant
de leur histoire. Accentuée par la médiatisation
des affaires type Enron-Andersen, la déprime générale
qui s'empare des marchés semble montrer les limites
d'un système économique ultralibéral,
obsédé par le profit et la concurrence effrénée,
qui s'enrichit lui-même au lieu de créer de la
richesse, et dont une partie de la population s'est déjà
éloignée.
Car une alternative à ce mode économique, perçu
à tort comme prépondérant, existe depuis
longtemps à travers différents organismes comme
les mutuelles, les associations ou les coopératives
; cette alternative trouve sa forme contemporaine dans l'émergence
et la reconnaissance de ce que l'on appelle "l'économie
solidaire". Ce système économique recouvre
toutes les formes de régulations économiques
qui existent pour et par des valeurs porteuses de sens délaissées
dans l'économie actuelle : utilité collective,
citoyenneté, durabilité, équité
sociale. Il regroupe tant des acteurs classiques de l'économie
marchande (institutions financières, production de
biens) que des services émergents de proximité
susceptibles d'améliorer l'activité locale et
la qualité de la vie.
Reflet des mutations évidentes de notre environnement
mondial, l'introduction de valeurs solidaires dans le domaine
économique semble bien répondre à un
mouvement général de remise en cause des systèmes
actuels. Au premier rang desquels un plébiscite accru
de transparence émanant de toutes les parties prenantes
de l'entreprise, consommateurs, actionnaires, salariés,
partenaires. Pour preuves, les nombreuses actions et législations
en faveur de la "traçabilité" des
produits lors de la chaîne alimentaire, l'obligation
de rapports sociaux et environnementaux appliquée aux
grandes entreprises
D'une manière générale, les critères
de responsabilité (interne, sociale, environnementale)
prennent un poids grandissant dans l'image que les publics
se font de l'entreprise, comme le démontrent des études
récentes . En pratique, ces entreprises subissent également
des pressions de différentes natures, à travers
les associations de consommateurs, les actions de boycott
ou encore l'émergence des fonds éthiques qui,
avec l'entrée en bourse de vice-funds, sont les signes
évidents d'une segmentation de la demande en fonction
de facteurs moraux ou amoraux, confirmant un véritable
changement de paradigme. Ces phénomènes témoignent
ainsi de la résurgence d'un esprit consumériste,
qui s'exprime pleinement à travers l'économie
solidaire et son moteur principal : la finance solidaire.
Focus
: l'investissement solidaire, un cocon valorisant pour votre
épargne
Qu'y
a-t-il de commun entre un producteur du commerce équitable,
un distributeur d'énergie renouvelable, et un produit
financier ou bancaire ? Le lien ne saute pas aux yeux, et
pourtant il existe bel et bien : c'est ainsi que certains
milieux financiers se sont engagés sur le terrain de
la solidarité, contribuant à amplifier le poids
d'une réalité encore mal connue : les modes
d'investissement et d'épargne solidaires.
Allier finance et solidarité, c'est l'objectif affiché
depuis 1995 par Finansol, association qui réunit la
plupart des acteurs du secteur des finances solidaires. Unique
en son genre sur le territoire hexagonal, l'action de l'association
s'inscrit comme une initiative majeure pour l'essor de l'économie
solidaire en contribuant à la promotion et au développement
des circuits financiers qui alimentent les entreprises de
cette économie émergente, notamment grâce
à la création du "label Finansol"
en 1997. De sorte que chacun peut aujourd'hui choisir d'investir
son argent dans ces circuits, en fonction de critères
"solidaires" et non plus seulement financiers, avec
un engagement de transparence quant à l'utilisation
de cet investissement.
Pour
en savoir plus, ArtdeCom a rencontré Mathilde Mandonnet
chargée de communication chez Finansol
Entretien
et explication avec Mathilde Mandonnet
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