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Nice
des années 30
aux années 50
La collection Norbert Huffschmitt
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Cette
exposition, présentée par le Théâtre
de la Photographie et de l'Image Charles Nègre, retrace
30 ans d'évènements de la vie niçoise au
fil d'une centaine de photographies de Paul Louis.
Ainsi défilent les années 30, pittoresques et
insouciantes, les années 40 plus sombres dont il ne reste
que les images heureuses de la Libération et les années
50 festives et mondaines.
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Collection
Norbert HUFFSCHMITT
Photographie Paul LOUIS.

Nice,
du fait de sa renommée, a toujours été
une ville très photographiée. Déjà,
les images de Charles Nègre et de Jean Giletta, présentées
l'année dernière au Théâtre de la
Photographie et de l'Image à l'occasion de l'exposition
Nice, 1863 - 1960, de Charles Nègre à Jean Giletta,
ont permis au public de redécouvrir Nice et le quotidien
de ses habitants saisis au cours de la deuxième moitié
du XIXème siècle ; des paysages et des scènes
de genre qui révélent une ville pittoresque et
animée.
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A
son tour l'exposition Nice, des années 30 aux années
50 répond à une forte demande des Niçois
en quête de leur passé et de leurs racines.
Grâce à la collection de M. Norbert Huffschmitt,
riche des prises de vue de Paul Louis, nous avançons
dans la mise au jour de notre mémoire, nous nous
rapprochons de notre temps. Cette exposition témoigne
des changements qui se sont opérés dans
notre ville, durant ces quarante dernières années
et combien fut violent le choc qui permit, à compter
de ces années 1950, de passer de la France du début
du XXème siècle à celle des Trente
glorieuses, rutilante de consommation et de libertés
mesurées.

Collection
Norbert HUFFSCHMITT
Photographie Paul LOUIS.
Avec
habileté et élégance, Paul Louis,
photographe niçois héritier des fameux "
Portraits Louis " qui ont figé pour l'éternité
le sourire de tant de nos parents, grands-parents et arrière-grands-parents,
sait associer la ville comme toile de fond, les Niçois
comme acteurs et la fête comme sujet.
Nous
sommes frappés en effet par l'extraordinaire vitalité
et imagination des Niçois de ce temps, apparemment
insouciant et pourtant menacé, quand il s'agissait
de se distraire. Courses de garçons de café,
de livreurs de journaux, batailles au plâtre, Carnaval
bien sûr, défilant encore place Pierre-Gautier,
courses automobiles, courses de motos, de vélos,
courses d'ânes ; vegliones, Redoutes et féeries
blanches, compétitions de plongée et concours
de beauté, de sex appeal, d'élégance
féminine, de coiffure, tout semble prétexte
à divertissement.
Mais
Paul Louis n'ignore pas les acteurs de la fête.
Visages joyeux de fêtards, visages crispés
par l'effort de compétiteurs, visages souriants
de séduction apprêtée, visages graves
de fleuristes ou de rudes militantes, ces visages-là
sont ceux de Niçois d'autant plus chers qu'ils
nous sont proches, et pour certains, sans doute, encore
animés de vie même si des rides les burinent.
Parmi ces visages, certes, le mythe de la Côte d'Azur
et de Nice, sa capitale, joue encore au bénéfice
de Joséphine Baker ou de Gustave V, roi de Suède.
Mais les acteurs de cette exposition, ce sont bien les
Niçois.
"
Cette exposition a l'intelligence de nous montrer tous
les aspects d'un photographe au quotidien. Un trajet qui
nous trouble et nous émeut, est-ce de l'Histoire
ou l'infinie variété de nos souvenirs joyeux
ou tristes, heureux ou malheureux ?
Après un tel voyage dans son univers, combien m'apparaît
la richesse de ce tendre et modeste ami Paul Louis, que
je croyais si bien connaître.
Je ne doute pas que les Niçois mais aussi les autres,
ne soient conquis par celui qui de deux prénoms
s'est fait un nom. "
Raoul MILLE
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Mention
pour l'ensemble des photographies ã Norbert Huffschmitt
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Paul LOUIS
Paul Louis
a commencé la photographie au début des années
30. Agé d'une vingtaine d'années, il fait des
piges pour les quotidiens, comme l'Eclaireur de Nice et du
Sud-Est et parcourt la ville, armé d'un Contax 24x36.
Tous les sujets sont traités : des plus anodins aux
manifestations de prestige, qu'elles soient mondaines ou sportives,
en passant par les accidents de la circulation et les affaires
criminelles. En examinant ses négatifs, on peut trouver
sur le film d'une journée, jusqu'à cinq sujets
différents. Opérant sans flash, en lumière
naturelle, il compose ses images dans son viseur rectangulaire,
avec un souci esthétique évident et une volonté
de souligner l'action photographiée.
Après
cinq ans d'absence, de retour à Nice en 1944 pour la
Libération, on le retrouve sur la place Masséna
pour figer ce moment historique, équipé d'un
appareil à négatif verre Speed Graphic, comme
c'était la mode alors chez les reporters américains.
Les années
suivantes amènent un grand changement dans sa façon
de travailler : désormais, le sujet prime sur la composition
de l'image, le plan s'élargit. Comme la plupart de
ses confrères, il adopte le Rollei et son format carré.
Le sujet est souvent placé au milieu du cadre, l'image
sera ensuite recadrée à l'horizontale ou à
la verticale suivant les besoins de mise en page des journaux.
La demande
du public et des journaux change, les revues spécialisées
apparaissent : Paul Louis va progressivement abandonner les
scènes de la vie quotidienne pour s'intéresser
aux personnalités de la politique, et surtout du spectacle,
de passage sur la Côte d'Azur.
Finalement,
dans les années 50 et 60, il va devenir le photographe
du cinéma, du festival de Cannes en particulier, suivit
dans les années 70 par Norbert Huffschmitt qui a réuni
sa collection riche de plusieurs dizaines de milliers de clichés
à sa disparition en 1989.
Théâtre de la Photographie
et de l'Image Charles Nègre
27, Boulevard Dubouchage, 06000 NICE
Tél : (+33) (0)4 93 80 11 00 - Fax : (+33) (0)4 93
80 11 55 - E-mail
theatre.photo@wanadoo.fr
Entrée libre de 10h à 12h et de 14h à
18h, fermé le lundi et certains jours fériés.
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