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Photo : André Villers
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Salués par un BLAISE CENDRARS, un PAUL ÉLUARD ou un LOUIS ARAGON (Excusez du peu!), publiés à la même époque par EDMOND JABÈS au Caire, les premiers poèmes de Juliette Darle parurent chez Seghers et aux Editions André Silvaire. Aragon les avait tout dabord présentés dans lhebdomadaire littéraire quil dirigeait, dans plusieurs revues, dans lun de ses propres livres. (Si Louis Aragon contribua à révéler de nombreux jeunes écrivains, Jacques Roubaud, Philippe Sollers ou Mathieu Bénézet par exemple, Juliette Darle aura été en poésie lune des rares voix féminines à retenir son attention). Par ailleurs, sous légide dun peintre brésilien, VINCENT MONTEIRO, un jury de poètes (LUC BÉRIMONT, PIERRE SEGHERS, EDMOND HUMEAU, GUILLEVIC, GEORGES-EMMANUEL CLANCIER ) décernait à Juliette Darle le Prix du Salon de poésie réservé à un jeune poète. |
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Avec PIGNADAS ( «Un grand poème», écrit LOUIS ARAGON), Juliette Darle donne à lire 3000 alexandrins avec les déferlements, les passions et les peines dune région de pins et de malheur, dans ces landes de Gascogne où lépopée soudain renaissait en poésie. Cest une forme et un ton bien différents qui sexpriment dans la suite écrite à partir des fresques de PABLO PICASSO. Mais avec INTERMEZZO ou LES CHANTEURS DE CHARME, elle retrouve lalexandrin, manie l'ironie (une rareté dans la poésie féminine) et de son chant semble sourdre un romantisme amer. |
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Après un tel départ, il y eut dautres découvertes, des chemins qui se croisent. Juliette Darle rencontre PAUL ÉLUARD et PABLO PICASSO. Dans latmosphère étrange et changeante des ateliers et des nuits de Montparnasse, elle dialogue avec ALBERTO GIACOMETTI, elle publie ses entretiens avec FERNAND LÉGER, elle découvre des oeuvres très singulières et des artistes encore peu connus. Un monde souvre à la jeune provinciale venue à Paris pour étudier en Sorbonne et préparer son départ pour les Indes. Elle écrit, interroge, témoigne et publie dialogues et récits. Par exemple LÉONARD ET LA MACHINE VOLANTE (dont lédition devait atteindre les grands tirages) ou divers livres de prose, préfacés parfois par des aînés inattendus et prestigieux: ALFRED KASTLER (Prix NOBEL de physique), JULIEN CAIN (directeur de la Bibliothèque Nationale), LOUIS LEPRINCE-RINGUET, dautres encore, pas forcément disparus. Le passage à Paris de BERTOLT BRECHT lui laissera une impression poignante et drôle. Ce qui la conduira à une réflexion nouvelle sur la création poétique et la détermina peut-être à accepter loffre de se joindre à une troupe théâtrale. Qui avait programmé pour un mois une pièce de Brecht. Mais Juliette Darle orchestra une telle campagne de presse que loeuvre de Brecht demeura plus de six mois à laffiche du théâtre Marigny. |
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Avec ROGER PIGAUT, SERGE REGGIANI et JACQUES RISPAL, ses complices dalors, elle présente ensuite un spectacle de poésie sur diverses scènes de Paris et de banlieue. Sur le thème du racisme, elle écrit «LE CHANT DES HOMMES», un spectacle interprété au Théâtre RÉCAMIER, avec LOLEH BELLON, ROGER BLIN, JEAN MERCURE, JEAN NEGRONI, LAURENT TERZIEFF, BACHIR TOURÉ, JEAN WIENER, FRANCIS LEMARQUE, HÉLÉNE MARTIN... |
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Le
Prix du Salon de Poésie 1964 est remis à un jeune poête
(Juliette Darle) et à un ainé (Claude Sernet). Agence Universal
Photo
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Originaire de la Marche limousine (et lon sait que cette province donna naissance à BERNARD DE VENTADOUR), Juliette Darle a toujours eu lattirance du poème dit, du chant bien sûr, et celle aussi de ces vers que lon découvre sur les murs. |
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TROUBADOURE DE LAN 2000
Comme toute création originale, la poésie murale devançait
son époque. Juliette Darle en avait eu lintuition, et cela
devait léloigner un temps du circuit classique du livre.
Aussi refusait-elle la publication, même quand un responsable des
éditions BELFOND lui redemandait chaque année «un
livre» pour sa collection. (De cela il reste des traces, des lettres,
ou plus curieusement des dédicaces
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Chateau
des Stuarts à Aubigny-sur-Nere
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Dits ou chantés, les poèmes de Juliette DARLE firent irruption dans les spectacles quelle présenta à lespace PIERRE CARDIN (avec CATHERINE SELLERS), aux Galeries Nationales du Grand Palais (avec MADELEINE OZERAY), dans la grande salle (archicomble) du MUSÉE DE LHOMME (Palais de Chaillot), dans des bibliothèques de la ville de Paris. |
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Cette expérience de la scène la conduirait ensuite dans des cabarets du Quartier latin. Pendant plusieurs saisons dhiver avec un chanteur à la guitare (ALAIN BUCI), elle impose le poème et retrouve ainsi une tradition oubliée depuis LE CHAT NOIR. Avec PIERRE EMMANUEL, GUILLEVIC, TRISTAN TZARA, PIERRE SEGHERS et quelques autres, Juliette Darle participe à ladaptation française des poèmes dATILA JOSEPH (Editions Seghers). Deux
étés consécutifs, Juliette Darle et le chanteur à
la guitare parcoururent la Provence. Alain Buci chantait les textes de
la poète, celle-ci disait ses poèmes dans un décor
projeté du peintre LADISLAS KIJNO, avec des images dANDRÉ
VILLERS, lami de Pablo Picasso devenu lun des grands photographes
daujourdhui. |
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Au stand du «Temps des Poêtes» : Gaston Miron, Juliette Darle, André Darle. (Salon du Livre, au Grand-Palais) Photo : Claude Bouquin |
Sur
la Place de SEILLANS, non loin de latelier de Max Ernst, le mistral
fut de la partie. CHRISTINE OCKRENT et BERNARD KOUCHNER étaient
parmi les spectateurs, alors que des rafales de vent déversaient
les pots de fleurs sur les premiers rangs. |
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Dans
les dernières années du siècle, certains suivirent
les traces de Rimbaud. Dautres retrouvaient les chemins des troubadours.
Surgissait alors un public dont on soupçonnait à peine lexistence.
Et de très loin reprise, la chanson continuait. |
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Article
de Presse(PDF)
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Courriel
: Juliette
Darle
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